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Le « chat » permet de dialoguer par écrit, via des messages avec des personnes (le plus souvent) inconnues. Très apprécié des adolescents, il n’a pas toujours une bonne image. Certains s’interrogent sur la qualité des relations qui peuvent être développées dans ce cadre, notamment parce qu’il est facile de changer son identité.
Aujourd’hui, de grandes entreprises utilisent ce moyen pour repérer des candidats. Le « chat » devient un moyen de se distinguer et permet de proposer une candidature qui ne soit pas noyée dans le flot des demandes.
Un chef de cuisine du Club Med a répondu pendant 1h30 à 300 visiteurs dans le but d’attirer des candidatures dans un secteur en pénurie de main d’œuvre ( voir Entreprises et Carrières n° 740). Le « chat » permet alors de mieux cerner les attentes des candidats.
Une des dernières opérations de l’armée de terre a réuni plus de 5000 visiteurs sur trois jours sur internet. 7000 questions ont été posées. Cette forme d’échange peut être une façon de changer son regard sur certains métiers et de s’ouvrir à de nouvelles opportunités.
De façon plus insidieuse, des communautés d’internautes passionnées d’automobiles ont été infiltrées par un fabricant de voiture de façon à les faire venir sur le site du constructeur pendant l’opération.
Pour les questions qui nous intéressent, à savoir l’insertion professionnelle et le recrutement, le « chat » permettrait de toucher beaucoup plus de jeunes que sur un salon. Il diffère des autres outils de recrutement car il est très informel et permet aux candidats de poser des questions plus délicates.
Cependant, des questions restent en suspens. Combien de personnes ont été réellement recrutées par ce biais ? Cette pratique est-elle appelée à prendre de l’ampleur ou va-t-elle se cantonner à un effet de mode passagère destiné surtout à valoriser ou revaloriser l’image de marque de certaines entreprises ?
Paul Roy |